Depuis le lancement des Googlebook le 4 octobre 2026, la même observation revient dans tous les retours d’expérience : Googlebook OS ressemble à ChromeOS. Le constat vient surtout de 9to5Google, qui a posé le diagnostic le plus net : Googlebook OS ressemble à ChromeOS en surface, mais se comporte comme Android à l’usage.
Cette ressemblance n’a rien d’un accident : Google a volontairement repris les codes visuels de ChromeOS pour ne pas désorienter ses utilisateurs. Le vrai changement est invisible, caché sous l’interface. Voici le décryptage complet, avec les critiques, les cas d’usage et un guide pour choisir entre Chromebook, Googlebook et PC classique.
Googlebook OS en bref : de l’Aluminium OS au lancement du 4 octobre 2026
Googlebook OS (nom de code Aluminium OS) est un système d’exploitation de bureau créé par Google et Google DeepMind pour la gamme d’ordinateurs Googlebook. Selon Wikipédia, il s’agit d’une fusion d’Android et de ChromeOS, destinée à remplacer ce dernier.
La feuille de route a été dévoilée par étapes. Google a confirmé en juillet 2025 que ChromeOS allait fusionner avec Android au sein d’une plateforme unifiée. Le nouvel OS a ensuite été présenté le 12 mai 2026, pendant Google I/O, avant le lancement des Googlebook le 4 octobre 2026, avec une expansion mondiale progressive.
Côté matériel, la gamme de lancement démarre à 899 $ et comprend des machines Intel Panther Lake et Qualcomm Snapdragon X Elite, avec 16 Go de RAM, un NPU de 40+ TOPS et un écran tactile comme base. Les Googlebook viennent d’Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo, avec 16 Go de RAM minimum (jusqu’à 32 Go), un SSD de 256 ou 512 Go et la puce de sécurité Titan C.
Le positionnement est clair : des portables premium, loin des Chromebook d’entrée de gamme qui ont fait le succès de ChromeOS dans les écoles et les foyers.
Pourquoi Googlebook OS ressemble tant à ChromeOS en surface
Première mise sous tension : l’utilisateur de ChromeOS est immédiatement en terrain connu. Fenêtres redimensionnables, barre des tâches, Chrome en application de bureau : tout rappelle l’ancien système. C’est exactement ce que décrit 9to5Google, pour qui Googlebook OS ressemble à ChromeOS en surface mais ressemble à Android à l’usage.
Cette impression visuelle s’explique par un choix d’ingénierie assumé. Googlebook OS repose sur la pile technologique Android, avec les « desktop foundations » de ChromeOS : environnement de fenêtres classique, navigateur Chrome de bureau et environnement Linux complet, comme le relève Notebookcheck.
Computerworld décrit l’interface des Googlebook comme située entre Android et ChromeOS, avec des échos de l’ère Android 3.0 Honeycomb, cette ancienne version d’Android qui avait déjà expérimenté les codes de la bureautique sur grand écran.
La comparaison position par position est troublante : le fenêtrage classique, le navigateur de bureau et l’accès Linux forment les trois piliers de l’expérience ChromeOS, et les trois sont présents sur Googlebook OS, à l’identique. La différence ne se voit pas au premier coup d’œil : elle se vit à l’usage.
Sous le capot : ce qui change vraiment (base Android, applications natives, Linux)
Le changement principal est invisible : le socle. ChromeOS repose sur une base Linux spécifique, construite sur Gentoo, tandis que Googlebook OS repose sur la pile technologique Android. Pour un utilisateur non technique, cela signifie que votre ordinateur partage désormais son cœur avec des milliards de téléphones et tablettes Android, et non plus avec un système réservé aux Chromebook.
La conséquence la plus concrète : les applications du Play Store s’exécutent en natif, sans l’approche ARCVM utilisée par les Chromebook. Sur ChromeOS, Android tournait dans une couche de virtualisation ; sur Googlebook OS, il n’y a plus d’intermédiaire, l’application tourne directement sur le système.
L’environnement Linux complet, hérité des fondations de bureau de ChromeOS, reste de la partie pour les développeurs et les utilisateurs avancés. Le pari de Google est de combiner le meilleur des deux mondes : les applications mobiles sans compromis d’un côté, les outils de bureau et de développement de l’autre.
Et c’est bien ce que note 9to5Google : à l’usage, tout se comporte comme Android. Applications, notifications, réglages et fluidité tactile rappellent le système mobile, simplement habillés en interface de bureau.
Ce qui ressemble à ChromeOS : Chrome, interface de bureau, extensions, gestion des mises à jour
Chrome sur Googlebook est basé sur la version Android et ajoute le support des extensions, les onglets verticaux et le panneau latéral complet Gemini in Chrome, détaille 9to5Google. Pour qui vient de ChromeOS, c’est le navigateur de toujours, avec ses extensions et ses habitudes intactes.
La gestion des mises à jour reprend aussi le modèle ChromeOS. Google promet des mises à jour trimestrielles de fonctionnalités et de sécurité pendant 10 ans, soit la même durée que les Chromebook actuels, selon Notebookcheck.
Le testeur de 9to5Google salue d’ailleurs le fait que Google contrôle le processus de mise à jour, comme pour les Chromebook, plutôt que les constructeurs. Fini l’Android fragmenté des smartphones : Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo ne décident pas de quand votre machine reçoit ses correctifs.
Les points communs avec ChromeOS, en résumé :
- Environnement de fenêtres classique et Chrome en application de bureau complète ;
- Support des extensions de Chrome et onglets verticaux ;
- Mises à jour trimestrielles pendant 10 ans, contrôlées directement par Google ;
- Environnement Linux complet pour le développement ;
- Puce de sécurité Titan C, dans la continuité de l’approche sécurité des Chromebook.
Les limites et critiques : écart d’applications et défauts de jeunesse
Le point de vue le plus sévère vient de 9to5Google, dans son avis du 13 octobre 2026 : Googlebook n’est pas un reset de ChromeOS mais les mêmes vieux problèmes dans un châssis plus rapide et plus soigné. Deux semaines après le lancement, c’est le verdict qui fait référence.
9to5Google estime que Googlebook n’a résolu aucun des problèmes de ChromeOS au niveau fonctionnel, les applications étant le plus gros problème. L’écart avec Windows et macOS reste entier : les suites professionnelles complètes, certains logiciels de création, les outils métier spécifiques et une partie du catalogue de jeux PC restent absents, ou accessibles seulement via des alternatives web ou Android parfois moins abouties.
S’ajoutent les défauts de jeunesse attendus d’un système sorti depuis quelques semaines : réglages perfectibles et imperfections à lisser dans les mises à jour trimestrielles à venir.
Côté disponibilité, les tarifs communiqués au lancement sont en dollars (à partir de 899 $). Dans le cadre de l’expansion mondiale progressive annoncée par Google, le calendrier européen et les prix en euros pour la France restent à confirmer au cas par cas.
Que deviennent ChromeOS et les Chromebook ? Support, migration et choix d’achat
Bonne nouvelle pour les possesseurs de Chromebook : le Chromebook n’est pas abandonné. Selon Wikipédia, les Chromebook existants continueront de recevoir des mises à jour pendant jusqu’à 10 ans. De son côté, Google indique que les appareils ChromeOS continueront de recevoir des mises à jour régulières et des correctifs de sécurité jusqu’à mi-2034, selon TechRepublic.
ChromeOS et Googlebook OS vont donc cohabiter pendant une longue transition. À ce jour, aucune liste de modèles Chromebook éligibles à une migration vers Googlebook OS n’a été publiée : pour l’instant, le nouvel OS est réservé aux machines Googlebook vendues neuves.
Éducation : rester sur ChromeOS
Les établissements scolaires, grands acheteurs de Chromebook d’entrée de gamme, n’ont aucune urgence à changer. Un parc administré de façon centralisée, des tarifs très inférieurs aux 899 $ d’un Googlebook et un support garanti jusqu’à mi-2034 : ChromeOS reste la plateforme logique pour l’éducation.
Entreprise : le contrôle avant tout
La gestion centralisée des appareils, pilier du succès de ChromeOS en entreprise, reste le critère décisif. Sur Googlebook OS, le contrôle des mises à jour reste entre les mains de Google plutôt que des constructeurs, un signal rassurant pour les directions informatiques qui envisagent des flottes premium.
Familles et usage personnel
Pour la bureautique, la navigation web et le streaming, un Chromebook récent reste un excellent rapport qualité-prix, avec des mises à jour assurées pendant des années. Le Googlebook s’adresse à ceux qui veulent du matériel haut de gamme, de l’IA et les applications Android en natif.
Guide de décision : quel choix pour quel profil ?
- Rester sur Chromebook si vous avez un appareil récent, un budget serré ou des besoins scolaires et bureautiques : le support est garanti.
- Acheter un Googlebook si vous voulez les applications Android en natif, les fonctions Gemini Intelligence et une machine premium (16 Go de RAM minimum, NPU de 40+ TOPS, écran tactile).
- Choisir un PC Windows ou un Mac si votre travail dépend de logiciels desktop spécifiques : l’écart d’applications pointé par 9to5Google reste le talon d’Achille de l’écosystème Google.
Conclusion : Googlebook OS est-il un reset ou un ChromeOS 2.0 ?
La réponse dépend de l’angle. Visuellement, Googlebook OS est un ChromeOS 2.0 assumé : mêmes fondations de bureau, même Chrome avec extensions et onglets verticaux, même promesse de mises à jour sur 10 ans. Techniquement, c’est un reset : socle Android, applications Play Store en natif et fin de la couche ARCVM.
Le principal élément de différenciation visible face à ChromeOS, c’est l’IA : les fonctions Gemini comme Magic Pointer, Magic Cues et Create my Widget incarnent à elles seules la nouvelle identité du système, le reste de l’interface restant volontairement familier.
Mais le verdict de 9to5Google remet les pendules à l’heure : les mêmes vieux problèmes dans un châssis plus rapide et plus soigné. Si vous attendiez un Googlebook OS qui corrige tout ce qui frustrait sur ChromeOS, il faudra patienter. Si vous vouliez un ChromeOS plus rapide, plus premium et dopé à l’IA, le contrat est rempli.